Tous les bridgeurs connaissent cette convention, qui est une des premières que l'on apprend quand on débute au bridge.
Elle date de 1950 et est dûe à Georges Rapee, dont le partenaire, Samuel Stayman, publia l'existence en 1956.

Pour rappel, après ouverture de 1SA (15-17H régulier ou semi-régulier sans majeure cinquième), le partenaire annonce 2♣, convention Stayman, permettant de trouver un fit 4-4 majeur.

Les conditions pour l'utilisation de cette convention sont :
 
  • 9+HL (avec 8H dans une main 4333 on passe)
  • Une majeure exactement quatrième (ou les deux, quatrième).
  • Notez qu'avec une majeure quatrième et l'autre au moins cinquième et 9+HL, on commence par un Stayman et non un Texas.

L'ouvreur répond :

  • 2        Pas de majeure quatrième
  • 2        Quatre cartes à
  • 2♠        Quatre cartes à ♠
  • 2SA      Les deux majeures quatrièmes

Savez-vous qu'il existe de nombreuses variantes au Stayman original ?

Une qui nous semble intéressante s'appelle le 2♣ "Stayman faible".
En voici une des sous-variantes dont les conditions sont :
  • Conditions du Stayman habituel (voir plus haut) ou bien (faible) :
    • 0-5H
    • Les deux majeures (au moins) quatrièmes
    • Idéalement, un main 4450 (chicane ♣)

L'ouvreur répond :

  • 2       Pas de majeure quatrième
  • 2       Quatre cartes à et peut-être quatre cartes à ♠
  • 2♠       Quatre cartes à ♠ et évidemment pas 4 cartes à coeur...
La suite est quasi identique au Stayman classique.
Evidemment, si le Stayman est réellement faible, le répondant passe sur l'enchère de l'ouvreur !

Ebauche en cours :

Lors de vos premiers cours de bridge concernant le plan de jeu du déclarant, vous avez entendu parler de la "main de base" : en contrat à la couleur, c'est la main qui contient le plus d'atout. Généralement, c'est la main du déclarant, mais c'est parfois celle du mort. On parle alors de "main de base au mort" et non, comme certains le confondent souvent, la technique du mort inversé".

La technique de la coupe de perdantes de la main courte en atout est parfois abandonnée, pour une coupe de la main longue à l'atout : c'est cela la technique du "mort inversé", terme qui n'est peut-être pas bien choisi pour l'occasion, mais on s'en tiendra à cette définition.

Quand il y a de gros atouts du côté court et moins du côté long à l'atout, pensez alors au "mort inversé"

Voici deux exemples :

Contrat 6 ♠                                                Contrat 7 ♠
Entame Dame de ♣                                    Entame Roi de ♣ 
 
Nord                                                         Nord
♠  R V 10                                                   ♠  R 10 9
  A V 5 2                                                    R 8 4 2
  A 4 3                                                        R 6
♣  A 8 6                                                     ♣  8 6 3 2
 
Sud                                                           Sud
♠  A D 9 8 3                                                 ♠  A D V 8 3 2
  3                                                               A V 6
  R D 7 5                                                      A D V 5
♣  R 5 2                                                       ♣ -
 
Dans l'exemple de droite, vous comptez 12 levées gagnantes : six à l'atout et six dans les autres couleurs.
Si on défausse deux Coeurs du mort sur la troisième et quatrième levée en Carreau, on pourra couper Coeur au mort. Mais pour cela, il faut conserver un atout au mort donc ne tirer que deux fois Pique. Une distribution des atouts dehors 2-2 est donc nécessaire, mais dans les cas contraires, on peut se rabattre sur la "manoeuvre de Guillemard" (voir l'hebdobridge précédent).
Mais il y a beaucoup mieux, dans le cas où les atouts dehors ne sont pas 4-0 (10 %) auquel cas le plan de jeu décrit ci-dessus est à appliquer.
La meilleure technique : un mort inversé !
Il "suffit" de couper (maître) quatre fois Trèfle de la main longue à l'atout : on réalisera alors 4 levées de coupe, 4 à Carreau, 2 à Coeur et les 3 atouts maîtres du mort.
Déroulement : Couper l'entame de l'As, Pique pour le 9, Trèfle coupé de la Dame, Pique pour le 10 (les atouts sont 3-1), Trèfle coupé du Valet, Carreau pour le Roi, Trèfle Coupé du 8. Puis Coeur pour le Roi, Roi de Pique pour terminer la purge, As de Coeur et As, Dame et Valet de Carreau.

 

Dans l'exemple de gauche, un mort inversé est ici aussi préférable à la coupe Carreau de la main courte (ou trouver les Carreaux 3-3).
Il faut donc planifier de couper trois fois les Coeurs de la main longue.
 
Retenez surtout ceci : le mort inversé ne fonctionne que si la main courte à l'atout fini par devenir plus longue à l'atout que l'autre !
 

Le B.A. BA des plans de jeu vous enseigne de couper généralement les perdantes se trouvant dans la main longue à l'atout, de la main courte à l'atout.

Quand les atouts sont répartis irrégulièrement entre les mains des adversaires, et qu'il vous est possible de débarrasser les atouts de l'un des deux, l'atout restant dehors n'étant pas maître, pensez alors à la manoeuvre de Guillemard.

Ce brave homme dont je n'ai pas retrouvé la trace a donné son nom à cette technique. Un petit exemple vaut mieux qu'un long discours :

Contrat 4 Pique, entame Roi de Trèfle

Nord
♠  V 3 2
  A D 4
  V 6 5 2
♣  9 6 3
 
Sud
♠  A R D 5 4
  R 8 5 3
  R 8
♣  A 5
 
Assis en Sud, et avant d'appeler une carte du mort, même s'il vous paraît évident de dire "Trèfle" (ce qui règlementairement signifie "Petit Trèfle"), vous faites votre plan de jeu : la main de base étant celle de Sud, vous avez une perdante Coeur, deux perdantes Carreau si l'As est en Ouest et une perdante Trèfle.
Si vous tirez trois tours d'atout, vous devrez espérer les Coeurs répartis 3-3 (36 %) ou l'As de Carreau en Est (50 %).
La manoeuvre de Guillemard consiste à tirer deux tours d'atout, et espérer que le dernier atout se trouve dans la main comportant quatre cartes à Coeur.
On prend donc l'entame de l'As de Trèfle, deux tours d'atout par As, Roi, puis défilé des Coeurs. Si le dernier atout se trouve dans la main détenant quatre Coeurs, c'est gagné : on coupe le dernier Coeur du Valet de Pique maître, effaçant ainsi une des quatre perdantes.
Maintenant, si Coeur est coupé à la troisième levée Coeur, c'est un prêté pour un rendu, puisqu'on pourra toujours couper le dernier Coeur au mort, et on devra alors se rabattre sur l'expasse à l'As de Carreau.

Règle facile à retenir : "quand les enchères compétitives ont atteint le palier de cinq, choisissez de jouer en défense plutôt que de surenchérir"

 
Voyons cela de plus près au moyen d'un exemple :
 
Sud     Ouest      Nord     Est
-           1♥           1♠         3
3♠         4♥          4♠          5
Passe   Passe     ?
 
Vous vous êtes déjà sacrifié une fois au niveau de 4 Pique.
Ne le faites pas une seconde fois : ils pourraient chuter alors qu'à 5 Pique, c'est sans doute vous qui chuterez !
N'oubliez pas de contrer, si vous estimez avoir la majorité des points.
 
Si par contre vous n'avez pas idée de quel camp est majoritaire en points, choisissez plutôt de jouer en défense, sans contrer.
 
N'oubliez pas aussi que dans des situations où c'est surtout la distribution qui pousse à la compétition entre les deux camps, en continuant comme dans l'exemple ci-dessus au palier de 5 Pique, vous pourriez conduire les adversaires à un chelem qui pourrait par hasard réussir grâce à cette distribution, et de la chance, surtout si vous n'êtes pas majoritaire en points?.
 
Moyen mnémotechnique pour retenir ensemble les règles de 3 et de 5 : le PAPI, soit "Passer Aux Paliers Impairs".
Evidemment, il y a les conditions de ce "Passe".

Règle facile à retenir : "lorsque les points sont équitablement répartis entre les deux camps et en cas d'enchères compétitives pour une partielle, choisissez la défense plutôt que de surenchèrir lorsque le palier de 3 est atteint, sauf éventuellement si votre camp possède au moins neuf atouts."

Cette règle sera complétée par la règle de 5, dans le prochain hebdobridge.

Ouest                       Sud       Ouest      Nord       Est
♠ RV5                       1♠          2           Passe     Passe
V92                        Contre   Passe       3♣          Passe
ARV952                  Passe   ?        
♣ 8                

Rien ne vous certifie que vous détenez neuf Carreaux dans votre ligne. Renoncez donc sagement à dire 3, malgré vos 15HL !

Vous pouvez surenchérir à partir du palier de trois lorsque :

  • Votre camp possède au moins neuf atouts
  • Vous détenez un avantage en force, soit 23H contre 17
Mais même dans ces conditions, ne vous acharnez pas contre une partielle adverse en enchérissant au palier de quatre.
 

Exemples :

Ouest                       Sud       Ouest      Nord       Est
♠ AV9632                  -             -             Passe     Passe
7                           1           1♠          Contre     2♠                    Le contre est d'appel
RV6                       3           ?        
♣ 654
N'ayant pas promis plus de cinq cartes à Pique, vous savez à présent que votre camp en détient au moins neuf.
D'aucuns annonceraient 4♠ à votre place, mais rien ne dit que le camp adverse à l'intention de monter au niveau de 4.
Contentez vous de dire 3♠.
 
Est                          Sud       Ouest      Nord       Est
♠ 63                         -             Passe    1            Passe
95                         1♠          Passe     2♠           Passe
954                        Passe    Contre    3♠           ?        
♣ RDV876
Le contre de votre partenaire était purement compétitif, et il a réussi à pousser les adversaires un palier plus haut pour vous barrer, en quelque sorte. Votre partenaire, avec une main correcte, serait intervenu au deuxième tour.
Pas question à présent de parler de vos Trèfles au palier de quatre, même si vous pouvez imaginer avoir neuf, voire dix cartes à Trèfles dans votre ligne : votre camp est minoritaire en points d'honneur.